Régis Crozat

Divers aspects de la ruine contemporaine

Vers une nouvelle écriture

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Présentation lors de la collective "Serindipity" de la galerie - été 2015

"La ruine, un état pour son contemplateur, contemporaine en permanence par essence"

Ce concept fédère aujourd'hui une large partie des travaux de Régis Crozat.
Inspiré du témoignage, il s'inscrit dans la continuité de ses pratiques avec la narration, visuellement il s'appuie sur son inventaire des châteaux en ruine, à présent étendu à d’autres illustrations de ruines contemporaines. Il aborde l’intégration formelle et systématique du texte et de l’image au sein d’un même tableau*.

*Le Tableau selon RC : panneau, forme fermée qui synthétise un univers, illustre une unité soit de temps ou d’action.

A propos des travaux présentés
Diverses interprétations plastiques se rencontrent pour communiquer des émotions différentes. Un travail sur la série, où la variation s'opère sur le mode de représentation et d'interprétation d'un thème unique, d'une même image issu du concept de la ruine contemporaine.

Les Supports iconographiques et historiques
A l'origine, l’iconographie extraite de 400 sites visités pour des milliers d’images réalisées se trouve augmentée de textes relatifs à l'histoire, l'archéologie et l'air du temps de la visite. Aujourd'hui, de nouvelles images enrichissent la base iconographique, la représentation de la ruine s’étend à toute construction humaine ayant entamé son processus de disparition visible.

Journées du patrimoine 2015

Installations sur les sites du château de Taillebourg et du prieuré de St Vaize (17)

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[youtube=https://youtu.be/R1c6P2nDkbU]

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Divers aspects de la ruine contemporaine –  Mythologie I

"L’illustration des « Divers aspects de la ruine contemporaine a pris les traits d’une DS. L’objet mythique fête ses 60 ans cette année, ils sont bien loin les mots de Roland Barthes. Changement de décors et d’époque pour les automobiles, conspuées aujourd’hui, finalement je ne fais qu’un devoir de mémoire…

Souvent j’emprunte un véhicule pour me rendre sur un site en ruine. Un jour il fallait bien que les deux se rejoignent ! Tous deux réunis, chacun avec leur vie passée, à une étape différente de leur processus de délitement vers un retour à la terre nourricière, qui se terminera par l’enfouissement de leur matière."
« A chacun ses ruines, chaque époque aura les siennes »

Le choix du modèle D de Citroën

Présentée en 1955, la DS marque la convergence de plusieurs époques. Roland Barthes dans ses Textes des Mythologies (écrits entre 1954 et 1956) en fait une figure mythologique avec le "bifteck et les frites", le "Guide Bleu", "l'affaire Dominici", l'abbé Pierre" ou les "matchs de catche". Elle ouvre et ferme… dans un mode sociétal elle illustre la fin de la guerre, la fin de l'austérité, des années grises et se place au coeur des "30 glorieuses". Pour le monde industriel et productiviste, elle signifie une nouvelle ère, celle du design, incarnée par l'hégémonie de l'enveloppe formelle sur la toute puissante technologie au pouvoir depuis la révolution industrielle à la fin du XIXe siècle. Les formes lisses, fuselées, de la DS ne laissent transparaitre aucune références techniques tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle file, ses passagers admirent le paysage au travers de ses larges surfaces vitrées, un objet dédié au voyage, libéré de ses contraintes techniques, annonçant de nouveaux modes de vie. Voici pour cette automobile, la plus iconique jamais construite dans le monde.

Finalité pour les modèles
La sacralisation, après la mythologie déchue. Du mythe "petit bourgeois", à l'oubli puis à la sortie du purgatoire des ronces pour une sacralisation temporaire avant leur retour dans les limbes  ou prairies charentaises.

Autour de la ruine des questions surgissent :
- Conserver ou ne pas conserver, pour qui ou pour quoi faire ?
- Combien de fois, combien de temps ?
- Pourquoi restaurer, alors que toutes les générations avant nous détruisaient ou recyclaient sans se soucier du futur ?

- En orient, la tradition veut que les sites remarquables soient reconstruits ou entretenus régulièrement afin qu'ils ne tombent pas en ruine.
- Les Assyriens (-800 av JC) construisaient des palais qu'ils savaient éphémères parce qu'ils ne possédaient que l'argile comme matériaux de construction. Pour les immortaliser, l'unique solution fut de graver leurs plans et le récit de leur construction sur les rares pierres utilisées dans les fondations, seuls vestiges exhumés.
- La tradition occidentale maintient la ruine afin qu'elle illustre une civilisation passée, voire conspuée : le monde païen, les vestiges de l'ancien régime, ceux de peuples déchus ou vaincus…

Ne boudons pas notre plaisir contemplateur devant ces enchevêtrements hirsutes, victimes fragiles du temps.

Festival Nomade Paris IIIe 2015

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La palissade et le bien commun
25 m de palissade en bois, devenue un bien commun, chacun se l’est approprié en y laissant sa « trace », ou bien s’y est « immortalisé »  le temps d’un selfie. En  famille, seul(e), avec des copains, des amis, avec des feutres, des couleurs, pour écrire, dessiner, laisser ses textes ou ses images qui témoignent de son passage. Lors du démontage des panneaux ont été remis à ceux qui le souhaitaient.
Square G. Cain, rue Payenne 75003

Installation sur les étangs Saint-Oger – Domaine privé du Saint-Oger – Vosges –

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 – Domaine privé du Saint-Oger – Vosges – Eté 2014
Le temps d’un été brillant  Une géométrie de parterre inspirée du dessin d’un jardin formel. La dimension culturelle s’allie aux contours fluctuants des rives d’un plan d’eau presque naturel. Ainsi naîtrait l’intérêt pour une construction abstraite implantée sur la planéité de l’eau.  Les structures flottent ou planent, selon la matérialité de l’eau, qui apparait et disparait, lourde ou inexistante.  La lumière et le climat  se mêlent aussi à l’affaire.

SOLITUDES

Régis Crozat nous montre là un extrait de sa collection de plus de 400 lieux répertoriés sur un millier visité en 25 années. Cet inventaire matérialise la profusion, la variété et la dimension internationale de l'unité architecturale dans la construction militaire médiévale.
Ses panneaux qui relatent la ruine et l'histoire de centaines de châteaux médiévaux offrent au regard plusieurs voies : celle de la profusion et de la variété dans la ruine médiévale, celle de la pérennité considérant que la ruine est en mouvement, enfin celle du plaisir unique donné au visiteur solitaire. 

L'exposition s'articule autour de 3 modes interprétations plastiques exprimant 3 perceptions culturellement signifiantes de la ruine médiévale : la vue romantique, les promesses de la quête à la découverte d'un site ruiné, enfin un inventaire documenté, presque raisonné, réunissant une centaine de lieux.

 

Les vues romantiques arrangées
9 histoires de ruines sont présentées et logées dans des caissons.
La mise en scène à l'intérieur du caisson contraint le visiteur à une plongée vers un confinement contribuant à créer un lien unique entre le spectateur et l'image.

 

Les promesses de la quête, vers un château
Une présentation panoramique restitue la quête d'un lieu perdu. 
L'accès vers un château, selon son implantation, se révèle parfois lent et délicat, prenant ainsi des allures de chasse au trésor : au fil de la progression, le cheminement nourrit l'imaginaire d'espoirs, de souvenirs, de promesses. Il s'exerce un jeu de séduction entre la topographie environnante et le visiteur. Présentée sur 20 panneaux  pour 20 m de long, 30 points de vues masqués puis révélés sporadiquement constituent une fresque où le noir domine, expression de cette grande part d'inconnu

 

L'inventaire photographique documenté

La présentation volontairement systématique s'efface au profit d'un principe didactique.L'iconographie, extraite des 400 sites répertoriés et des milliers d'images réalisées, inventorie environ 140 lieux illustrés chacun par une photo commentée par un texte relatant l'état d'esprit ou mon ressenti lors de ma visite. Un aperçu historique et archéologique est également associé. La mention de la date de la visite ainsi que la représentation photographique associée figent le commentaire, rendant le témoignage pérenne, a contrario du monument qui se délite à l'infini. 

 

 

A l'origine, conçue comme une installation pour le site des ruines de la Forteresse de Châtel sur Moselle en Lorraine. Cette première exposition scénarisée répartie sur plus d'un hectare, présentait cet inventaire photographique et documentaire dans un contexte ad hoc. En outre, l'aménagement invitait les visiteurs à la déambulation dans le site, à la découverte des ruines. L'événement s'est déroulée pendant tout l'été 2011.

L'Intitulé de l'installation : Uniques - Une promenade à la découverte de 200 châteaux en ruine, de Châtel à Samarkand.

 

 A propos de Régis Crozat

Son inspiration puise ses fondements dans le lieu investi : à Châtel, ses travaux de recherche sur l'Occident médiéval se sont imposés.

Homme de culture, passionné par l'architecture, féru d'histoire et de civilisation médiévale, il crée ses compositions à partir de ses propres dessins et photographies, la nature avec ses paysages constituant une présence de fond. 

Comme en témoigne son travail depuis 20 ans, l'oeuvre invoque souvent la narration.

Longtemps animé par la figuration narrative, ses travaux de peintures ou de pastels expriment une inspiration authentique, profonde, quelquefois ironique. Depuis plusieurs années, son activité, plus conceptuelle, implique de nouveaux moyens. La maturation de ses recherches et réflexions l'oriente vers la tridimensionnalité, un travail d'adaptation : "un lieu, une oeuvre", qui requiert l'utilisation de techniques et matériaux divers.

En 2009, il signe ses premières installations de type land art exécutées pour des espaces de lande et de marais en Charente Maritime. 

Il réside actuellement à Paris.

«Ma perception de la ruine est traduite et pensée comme appartenant à un cycle. Le millésime de mon passage fixe un état qui lui permettra de survivre dans le futur, au delà de sa disparition du paysage.
En offrant des référents pour des consultations ultérieures, je souhaite témoigner de mon époque par le contenu que j'apporte et par son mode de représentation.»


Biographie

L'œuvre de Régis Crozat invoque souvent la narration, son travail depuis 20 années l'atteste.
"Longtemps concernés par la figuration narrative, ses travaux de peintures ou de pastels expriment une inspiration authentique, profonde, quelquefois ironique.  Il se libère momentanément du geste et de ses attributs picturaux, depuis plusieurs années, son activité, plus conceptuelle, implique de nouveaux moyens. La maturation de ses recherches et réflexions l'oriente vers la tridimensionnalité, un travail d'adaptation.

 

Installations 

Automne 2015 Journées du patrimoine à Taillebourg – Prieuré de Saint Vaize
Installations sur deux sites historiques : ruines & terrasses château de Taillebourg et parc du Prieuré de Saint Vaize
(Charente maritime). "Divers aspects de la ruine contemporaine",  scénographies pour la présentation d'un modèle D Citroën

Printemps 2015 – Festival Nomade (Paris IIIe)
La palissade et le bien commun. Une installation performance.

Eté  2014  Etangs du Saint Oger (Lorraine)
Transposition d'un parterre à la française en eau calme, un étang avec ses contours naturels.

Automne  2013  Sentiers des Arts  ROYAN 
Installation du Musée Ambulant sur le site historique de la Pointe de Suzac (Mur de l'Atlantique).

Printemps 2012 festival COPART (Lorraine)
Installation extérieure sur le site d'un IME - “Meuse terre de calme et de chaos”.

Eté 2011 - CHATEL SUR MOSELLE  (Lorraine)
Installation photographique sur le plateau du château fort de Châtel sur Moselle.

Eté 2009 - 2015 – Marais de Saint Savinien sur Charente  NOWHERE
Scène permanente et laboratoire en évolution sur un territoire de marais.

Expositions

Galerie Laure Roynette - Paris depuis 2011 - Présentation de l'installation UNIQUES, 2012 - 
                                    Présentation du thème "Divers aspect de la ruine contemporaine" 2015

Galerie Kamchatka - Paris 2006 - Installations, vidéo, sculptures et peintures . Conception et aménagement d'une exposition autour du thème de "l'arbre penché", création d'une forme ectoplasmique

Galerie ETERSO - Paris de 1995 à 1998 - Présentation des travaux de peinture. Une exposition personnelle et participation à des manifestations regroupant d'autres plasticiens.

"La Galerie" à Deauville/Tourgéville 1997 – Exposition collective

Jardin du Vaudoué  - juin de 1997 à 2002 - Organisation d'expositions dans un jardin en région parisienne

Musée du vin - Paris de 1993 à 1999 - Présentation des travaux de peinture

Galerie municipale de la ville d'Epinal 1983 - Première présentation de travaux, avec un investissement du lieu

 

Formation

A l'Université de Strasbourg de 1977 à 1982, cursus d'Arts Plastiques et d'Histoire de l'Art

DEA d'histoire et civilisations, travail de recherche sur l'architecture de l'Art Nouveau en Lorraine.

U.P.d'Architecture de Nancy  1981 et 1982