Luc Lapraye

Luc LAPRAYE - Dandelion - YIA 2016 Hors les murs / Outdoors

Commissariat de Marion Zilio

 du 10 au 25 octobre 2016 - YIA Hors les murs - Mairie du 3ème arrondissement 2 rue Eugène Spuller 75003 Paris 

Si l’œuvre Dandelion semble rejouer le ready-made Bicycle Wheel de Marcel Duchamp ou l’installation Forever Bicycles de Ai Weiwei, la demi-sphère en jantes de bicyclettes de Luc Lapraye, non contente de « recycler » l’histoire de l’art, la déploie jusqu’à son éclatement. Tel le « dent de Lion », ce pissenlit dont les capitules s’envolent et sèment au gré du vent, l’œuvre semble animée d’une écologie particulière fondée tant sur un biomimétisme qu’un complexe ingénérial empruntant aux dômes géodésiques ses caractéristiques mathématiques et autoportantes.

Propice à l’imaginaire, la géode, avant d’être un monument architectural, signifie « comme la terre », provenant du grec γη̃ (guê) « terre » et de ει̃δος (eïdos) « forme, aspect », la géode se réfère à la rotondité du globe. Elle évoque sur un plan macroscopique les sphères d’influence ayant façonné nos civilisations, du Cosmos à la Globalisation, des voûtes célestes à la matrice utérine. Elle suscite, sur un plan microscopique, une réflexion multifocale, multi-perspectiviste et non-métaphysique qui, des formes fractales aux divers réseaux et embranchements, en passant par les serres climatiques, trouve le terrain fertile d’une cohabitation des règnes du vivant et du non-vivant. À l’image d’un parapluie symbolique où se projette le ciel de nos fantasmes, elle semble abriter un monde miniature, dont les lois anthropotechniques conditionnent une biosphère autonome. Inspiré de formes et de fonction relevant du vivant, la géode se rapproche d’une intelligence de la vie. Artefact de la modernité, elle n’en est pas moins un médiateur rêvé du langage de la nature ; elle relie, en des boucles de plus en plus serrées, la science et l’imaginaire, la nature et la culture, l’homme, son environnement et la vie non humaine.

Dandelion se présente alors comme l’allégorie d’une écologie contemporaine qui emprunte à la théorie des Sphères de Peter Sloterdijk, ses caractéristiques « cosmopolitiques » et « biosophiques». Atmosphère métaphysique et atmosphère physique, elle pose les conditions biologiques d’un agir technique qui se veut tout autant politique, et rappelle que l’avenir demeure un enjeu écologique, où le recyclage offre toujours une vie à ce qui n’en avait plus.

Marion Zilio

 

Exposition passée / TheSquareMeter - du 4 au 27 février 2016

Luc LAPRAYE - TheSquareMeter

Commissariat de Colette Poitevin et Marion Zilio

Du 4 au 27 février 2016

 

La galerie Laure Roynette présente du 4 au 27 février 2016, l’exposition personnelle de Luc Lapraye «TheSquareMeter». La valeur de l’art ou le fétichisme au carré

 

Élaboré dans une esthétique à la fois neutre et formelle, le projet TheSquareMeter de Luc Lapraye ne se contente pas de fustiger la bulle spéculative liée au marché de l’art. Il nous met face au problème épineux de l’évaluation et de l’importance démesurée prise par la grille marchande au détriment des valeurs traditionnelles, au travers d’une mise en scène mimant et minant la loi de l’offre et la demande.

TheSquareMeter est une série de diptyques, dont le prix de vente au mètre carré est indiqué sur la toile. Le panneau de gauche, accessible à tous, est symboliquement marqué 1 €/m2, tandis que celui de droite suit la courbe économique, grimpe de centaines en milliers et se déplace du premier marché au second au gré des spéculations, de la côte, de la rareté, de toutes ces stratégies qui font monter la valeur d’une œuvre ; ouvrant ainsi la voie à des marchés annexes piqués par l’excitation des enchères et atteignant des sommes toujours plus exorbitantes. Adaptée à toutes les bourses et à toutes les monnaies, la série devient la plus chère de l’histoire et évoque, à l’instar de sa série Numberofzero=valueartwork?, le pouvoir du zéro quant à la valeur d’une œuvre.

Si l’argent définit la valeur de toute chose, il se désigne également comme le désirable absolu. Que l’art contemporain devienne le miroir de la globalisation, en révélant ses acteurs et ses principaux prescripteurs, ne saurait par conséquent se comprendre sans la part de fétichisme qui s’installe à son encontre. Fétichisme de l’objet ; ego du collectionneur dont l’achat tient souvent lieu de campagne de communication au service de son capital de visibilité.

Les toiles de Lapraye, traduites en argent à la valeur fluctuante, deviennent une monnaie d’échange. Mais se faisant, elles se trouvent au centre d’un commerce entre les hommes relevant de l’ordre du collectif, du lien. Or c’est bien là que se situe le travail de sape de l’artiste. En inventant un dispositif prenant en charge les difficultés logistiques – du stockage à l’accrochage, en passant par le prêt à consommer –, Luc Lapraye entend décorréler l’aspect artistique de celui commercial. Comme située entre deux irrésolus, sa démarche fictionnalise un point de bascule, celui par lequel l’art se déprend de lui-même et devient l’instrument d’un emballement hystérique qui le pousse aux limites.

En se confrontant à la valeur des intangibles, l’artiste permet d’identifier ce qui se joue dans l’économie mondiale, mais aussi d’en sortir. De cette dynamique circulaire fondée sur la loi de l’offre et la demande, Lapraye construit des récits à chaque étape du processus qui donnent un sens, mobilisent un imaginaire au service de l’échange. Or c’est bien parce que la valeur est d’abord l’objet de croyances ayant des effets réels que cette dernière doit être construite socialement. De la mise en scène aux récits, la démarche de l’artiste français tend à inventer de nouvelles formes de partage et de création de valeurs qui réhabilitent le désir et nous font sortir de nous-mêmes. S’il n’existe pas de valeur objective, si plusieurs prix sont possibles, car plusieurs avenirs le sont aussi, l’évaluation n’a rien de neutre. Elle n’est jamais la mesure de ce qui est, mais toujours l’expression d’un point de vue au service d’intérêts. Elle est l’acte par lequel la société s’engage en décidant quelles voies seront explorées et quelles autres rejetées.

L’œuvre de Lapraye se saisit de ces équations paradoxales mettant en jeu différentes valeurs : financière, académique, médiatique, symbolique de l’œuvre ; elle en produit la doublure comme la critique.

 

Marion Zilio

Marion Zilio est docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts de l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, où elle est également chercheuse et chargée de cours dans l’UFR Art et Philosophie. Depuis 2013, elle mène une activité de critique d’art en collaboration avec différentes revues. En parallèle de ses recherches, elle organise des manifestations artistiques et conduit des projets en tant que consultante et commissaire d’exposition indépendante.

Membre du labo AIAC (Art des Images et Art Contemporain), rattachée au labex Arts-H2H
Membre C-E-A / Commissaires d’exposition associés


Communiqué de presse de Luc Lapraye

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Présentation

A Global Artist 

 

Luc Lapraye né en 1955 en Bourgogne, vit et travaille à Paris.

Après une carrière dans le monde industriel, l’artiste met ses compétences d’ingénieur au service de l’art.

L’ampleur et l’efficacité de ses projets relèvent d’abord d’une stratégie overdoing de productions effrénées, cependant soumise à une rigueur constante. En élaborant ses œuvres sur le multiple de cinq, Luc Lapraye décline un imaginaire sériel, à la fois mécanique et symbolique, faisant de lui un « Global Artist » : un artiste ayant intégré aussi bien les rouages du marché que ses emballements hystériques.

Privilégiant le dépouillement formel et la neutralité, ses images organisent une lecture du monde contemporain dont la clé repose sur le décryptage d’un titre unique. « Thesquaremeter » annonce le projet : le mètre carré de la toile est vendu au prix indiqué sur le tableau. Il y en a pour toutes les bourses de 1 Euro/m2 à 1 000 000 000 Euros/m2, et pour toutes les monnaies, du yen au dollar, du yuan à la livre sterling. La série devient ainsi la plus chère de l’histoire.

Mais si Luc Lapraye est un global artist, au sens où il prend acte des mutations de l’art contemporain, et de manière plus générale, de l’extension du libéralisme et du développement des technologies, il n’en reste pas moins attentif aux inégalités et aux bouleversements écologiques qui secouent le monde. Il aborde en effet « l’événement anthropocène » stipulant que l’humanité est devenue une force géologique nocive pour la planète.

Plus encore qu’un humaniste, ayant érigé ses valeurs morales en modèles de vertu, Luc Lapraye est investi d’une « conscience planétaire », c’est-à-dire d’un sentiment de responsabilité global face au rôle des humains dans la mauvaise santé de la planète, des désastres écologiques aux violences géopolitiques.

 

 

                                                                                                                                           Marion Zilio

PRESSE 2016

 

Chroniques du chapeau noir, blog du journal Le Monde - about Dandelion Luc Lapraye

 http://imago.blog.lemonde.fr/2016/10/20/histoires-doff/

 

Emmanuel Chaussade -  about Dandelion Luc Lapraye

https://plus.google.com/103081016854900341040/posts/MXrMFZsUTJz

 Point Contemporain -  about Dandelion Luc Lapraye

http://pointcontemporain.com/agenda/agenda-dandelion-luc-lapraye-mairie-3e-arrondissement-de-paris-murs-yia-art-fair-7

SLASH -  about Dandelion Luc Lapraye

http://slash-paris.com/fr/evenements/yia-art-fair-hors-les-murs-dandelion-de-luc-lapraye-curated-by-marion-zilio

Boumbang -  about Dandelion Luc Lapraye 

https://www.boumbang.com/luc-lapraye/

Le corridor de l'art -  about Dandelion Luc Lapraye

http://www.lecorridordelart.com/2016/10/la-yia-2016-le-salon-qui-revele-de-jeunes-artistes.html

YIA 2016 Talk Value of Art 22 10 2016 

https://drive.google.com/file/d/0BwJN5XRIrQvCZHBxNFV3OV9yV3c/view?ts=58103d83

 

Artube

http://www.artube.fr/fr/event/gallery/thesquaremeter-luc-lapraye 

Chroniques du chapeau noir, blog du journal Le Monde

 
http://imago.blog.lemonde.fr/2016/02/06/luc-lapraye-les-tribulations-du-metre-carre-artistique/ 

Exponaute
http://www.exponaute.com/expositions/13276-thesquaremeter/ 

Inferno, Marion Zilio
http://inferno-magazine.com/2016/02/03/luc-lapraye-thesquaremeter-laure-roynette-paris/ 

Slash
http://slash-paris.com/evenements/luc-lapraye-thesquaremeter 

Paris art
http://www.paris-art.com/exposition-art-contemporain/thesquaremeter-/luc-lapraye/18389.html 


Presse 2015

Boum!Bang!, Marion Zilio
http://www.boumbang.com/luc-lapraye/