Mónica Sánchez-Robles

Vues de "LUMIERE DU SILENCE"

Biographie

MONICA SANCHEZ-ROBLES 

née à Madrid le 4 mai 1964. Elle vit et travaille a Madrid

 

Expositions individuelles

2011 Galerie Laure Roynette "LUMIERE DU SILENCE"

2011 Cortijo Miraflores, mairie de Marbella «ISLANDE, PHOTOS ET ACQUARELLES» 

2011 Espace Pepe Pisa - Madrid “DU NOIR AU BLANC” dessins au fusain

2010 Espace Pepe Pisa - Madrid - “REFLETS AU FUSAIN”

2010 Galerie Alfredo Vinas- Malaga -  “PROMENADE DANS LE DESERT”

2010 Galerie Egam -  Madrid  “ISL-ANDIA”

2008  Festival Photoespagne Galerie Egam - Madrid 

2005  Galerie Parsons - Paris

2002  Galerie Angeles Penche - Madrid 

Expositions collectives

2011 Galerie Egam -  Madrid 

2010  Foro sur ’10 . Foire Iberoamericaine d’ arts contemporains - Galerie Egam -  Madrid

Espace Pepe Pisa - Madrid

2009 Christie’s Paris Photo -ARSEP

2009  Foro sur ’09 ORO Galerie Alfredo Vinas

2009  Galerie Egam -  Madrid 

2008  Galerie Egam -  Madrid 

2006  Séries projet runway - Runway Productions Los Angeles USA -Film 

2004  Centre des arts contemporains CAC Malaga  avec Chapman Brothers

2003  Foire des arts Santander Galerie Angeles Penche 

2001  Espace Tajan Paris

2000  Fondation Padeia  Madrid 

Formation

1987 Licence de BEAUX-ARTS -UNIVERSITE COMPLUTENSE de MADRID

1994-1997 Atelier Nicolas POUSSIN dirigé par Pierre Lecacheux et Olivier Jeunon de l’Ecole Boulle à Paris 

2003 EFTI. Ecole de la photographie et centre d’images à Madrid

2005    Parsons Paris School of art - Paris

Collections

Pilar Citoler (Espagne)

Pía de Brantes (France)

Tomás Alía (Espagne)

Texte de Maurice Corcos sur "LUMIERE DU SILENCE"

ESPECES D’ESPACES

Qu’y-a-t-il à voir ? Pourquoi faudrait-il regarder ? …Quelqu’un aurait il cette folle ambition de nous faire  rêver, peut-être quelques jours, plus surement et seulement une nuit, mais entière, face à ces photos …ses images mentales ?

Pourquoi errer dans cette géographie de pistes intérieures secrètes qui n’invitent pas à la simple promenade (on ne voyage pas ici pour voir du pays ) et où l’on pressent qu’il serait dangereux peut-être mortel d’y demeurer captif… même simplement du regard. Notre propre regard ravi par celui de l’ auteur dans la fascination devant tant de beauté et jusqu'à l’horreur devant tant de solitude…. .

 

Elle, Monica Sanchez-Robles , nous invite dans ces déserts de sable et d’eau, où elle a enterré ses peines d’amour ,dans un linceul ou ruisselle aveuglément, de tant d’histoires muettes ,la lumière du silence.

Elle, Monica Sanchez-Robles, dont les plus profonds secrets à se taire, nous intime l’ordre de respirer profondément, pour être plus sensible à la musique de ce silence, tressée par le chouinement de la douleur, et les crissements nerveux de l’attente.

Elle crée un désert de papier qui n’est pas de tout repos, elle y fixe tout, pour que  rien ne lui échappe…

Ce désert couleur de lion, elle l’a connu et y revient pour savoir avec nous si elle l’aimait. Cette photo est une réminiscence qu’elle souffre d’avoir perdu de vue mais qu’elle n’oublie pas. Ce désert a été sa terre d’élection, et son terrain de jeu… elle y a ruminé avant que d’y rêver et maintenant méditer… et elle nous offre ce fruit défendu, cette plante carnivore qu’est cette photo qui a transsubstantié la chair de ce désert.

Au travers de l’image statique, la matière organique aujourd’hui murmure un silence d’enfant obstiné, et ses odeurs qui peuvent se flairer, ne sont plus désespérées d’être les témoins d’un corps porteur de mort mais aussi de renaissance.

Cette photo est, non la métaphore, mais bien la trace d’une absence illimitée où la liberté de voir s’est un jour perdue. Elle est le masque apposé sur un vide qui oblige au cri pour éviter l’étouffement : On hallucine le cri de la foudre qui ouvrirait enfin la route aux larmes ; On a envie qu’il pleuve là dedans……la trop grande symétrie des pistes désertiques,et le liseré trop parfait des lacs nous fait craindre l’enkystement du malheur dans des clichés. Les négatifs des souvenirs pétrifiés sont là pour dire, blanc sur noir ,et en creux, que tout ne peut être dit du fracas de la foudre dans une âme. Aujourd’hui encore elle s’interroge avec Perec face à ses espèces d’espaces : « Est-ce la pierre qui est devenue vivante ou la vie qui s’est mortifiée. La pierre d’où sortent les fleurs, est-ce des fleurs qui meurent ou la pierre qui revit ?

Ce dont elle se souvient était trop grand  pour  qu’elle ait pu tout rapporter, et aujourd’hui le cadre de ces photos est trop petit. La beauté sauvage qu’elle y a enfermée reste nostalgique d’une mélancolie… Mais le pari est réussi, le spectateur, comme elle autrefois y entre tout vivant, et en ressort mort de fatigue ,ayant attendu en vain le retour de quelqu’un qui traîne à revenir.

 

Maurice Corcos

Octobre 2011